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Concentration des marchés, gestion active et passive : au-delà des idées reçues


À l’occasion du Defined Contribution Investment Forum 2026, un événement de Benefits Canada à Toronto le 8 octobre dernier, Philippe Guimont, stratège en investissement sénior, Solutions d’assurance et d’épargne collectives, a proposé une réflexion sur l’évolution des marchés et les conséquences qu’elle pourrait avoir sur l’un des débats les plus persistants de l’industrie : la gestion active ou passive.

Dans un contexte où les marchés sont de plus en plus concentrés, les conclusions qui semblaient évidentes il y a quelques années méritent aujourd’hui d’être réexaminées.

 

Une tendance qui paraît indiscutable

Depuis plus d’une décennie, les stratégies passives d’investissement connaissent une croissance soutenue. Aux États-Unis, leur part de marché est passée de 34 % à 55 % entre 2016 et 2025, tandis qu’au Canada, elle est passée de 11 % à 23 %1. Appuyées par des frais réduits et des données qui montrent la difficulté de surpasser les indices à long terme, elles occupent aujourd’hui une place incontournable dans les portefeuilles des investisseurs institutionnels.

Or, derrière cette réalité se cache une transformation plus profonde des marchés financiers.

 

Le véritable changement : la concentration des marchés

Dans plusieurs grands indices boursiers, particulièrement aux États-Unis, une poignée d’entreprises représente désormais une part historiquement élevée de la capitalisation boursière et des rendements générés. Par exemple, en 2025, Apple, Nvidia et Microsoft représentaient chacune entre 6 % et 8 % du S&P 500, alors qu’en 2005, la plus importante société de l’indice comptait pour environ 3 %.

 

« Il est tentant d’attribuer les difficultés récentes de la gestion active à la qualité de la gestion. Or, les données montrent également que la structure des marchés a considérablement changé. La concentration élevée des indices constitue aujourd’hui un facteur important pour comprendre certains écarts de rendement. »

Philippe Guimont, stratège en investissement sénior, Solutions d’assurance et d’épargne collectives

Lorsque quelques titres exercent une influence disproportionnée sur les rendements des indices, les portefeuilles plus diversifiés peuvent naturellement avoir davantage de difficulté à suivre le rythme. Il ne s’agit pas d’un jugement sur la gestion active. Cela témoigne plutôt de l’ampleur des changements dans la structure des marchés. Dans un marché où les rendements reposent sur un nombre restreint de titres, les gestionnaires qui privilégient la diversification, qui maîtrisent le risque et qui évitent une trop forte concentration peuvent accuser un retard simplement en respectant leur mandat.

 

Au-delà du débat entre gestion active et passive

Cette évolution apporte une nuance importante au débat. Si les stratégies passives ont bénéficié de la forte performance d’un nombre limité de grandes sociétés au cours des dernières années, un éventuel élargissement du leadership des marchés pourrait créer plus d’occasions pour certaines approches actives.

 

« La question n’est pas de savoir si la gestion active ou passive est meilleure. La véritable question est de savoir dans quels marchés, dans quelles classes d’actifs et pour quels objectifs chacune d’elles peut apporter le plus de valeur. »

Philippe Guimont, stratège en investissement sénior, Solutions d’assurance et d’épargne collectives

 

Pour les promoteurs de régimes, l’enjeu dépasse donc désormais le traditionnel débat entre la gestion active ou passive. Il s’agit plutôt de comprendre comment les transformations structurelles des marchés influencent les risques, les occasions et les décisions de placement à long terme.

 

Repenser les certitudes

Dans ce contexte, trois questions méritent d’être au cœur des réflexions :

  1. Où la concentration des marchés devient-elle un risque à surveiller?
  2. Dans quelles classes d’actifs la gestion active augmente-t-elle les probabilités d’ajouter de la valeur?
  3. Comment les approches active et passive peuvent-elles se compléter dans un régime conçu avant tout pour répondre aux besoins des participants et participantes?

 

« Plus que jamais, les promoteurs de régimes ont intérêt à éviter les réponses toutes faites. Les meilleures décisions sont celles qui s’appuient sur les données, les caractéristiques des marchés et les besoins réels des participants et participantes. Pour ces personnes, ces décisions influencent notamment le niveau de diversification, les frais et la manière dont leur épargne est exposée aux différentes conditions de marché. »

Philippe Guimont, stratège en investissement sénior, Solutions d’assurance et d’épargne collectives

 

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1 Morningstar.